L'alliance des professionnels pour un cadre de vie durable

L'alliance des professionnels pour un cadre de vie durable.

[Quebec] Balado Cecobois – Le carbone intrinsèque et la réhabilitation des bâtiments existants

Balado de Construction bas carbone avec le bois, une initiative de Cecobois, un centre d’expertise québécois sur la construction commerciale en bois.

Marjolaine Meynier-Millefert, Présidente de l’Alliance HQE-GBC, a été invitée à participer à l’épisode 7 de la saison 2 du Balado de Cecobois, intitulé Le carbone intrinsèque et la réhabilitation des bâtiments existants.

La réhabilitation et la rénovation d’un bâtiment existant sont des stratégies pour prolonger le cycle de vie de celui-ci, tout en contribuant à la réduction des émissions de GES. Les composants de la structure en bois peuvent être déconstruits et réutilisés, faisant du bois un allié dans la réduction du carbone intrinsèque des bâtiments. Dans cet épisode, nous mettrons en lumière les avantages de ces stratégies et la place essentielle du bois dans ces processus.

Marjolaine Meynier-Millefert était aux côtés de Guylaine Lafortune de Coarchitecture, et Elisabeth Baudinaud de Carbon Wise.

Revivez l’Assemblée Générale 2026 de l’Alliance HQE-GBC

📢 L’Alliance HQE-GBC a tenu ses Assemblées Générales le 15 juin dernier.

L’Assemblée Générale Ordinaire a approuvé le rapport moral de la Présidente ainsi que les rapports d’activité et financier 2025.

Les adhérents ont également élu un nouveau Conseil d’Administration qui prendra ses fonctions en fin d’année : FEI, FPI, Pôle Habitat FFB, UNAM, USH, AIMCC, EGF-BTP, FFB, FILMM, Velux, Cerema, Cerib, Certivea, CSTB, OGE, Qualitel, Cinov, Syntec Ingénierie, UNSFA, Untec, AMRF et Fédération des SCoT.
👏 Félicitations à l’ensemble des administrateurs élus.

L’Assemblée Générale Extraordinaire a quant à elle approuvé les modalités d’externalisation de l’activité INIES.

💬 Ces Assemblées Générales ont été suivies de deux tables rondes illustrant la dynamique des commissions de l’Alliance HQE-GBC :

🌍 Planification écologique 2050 du bâtiment : des trajectoires individuelles à la construction d’une ambition collective

Animée par Stéphane Herbin, co-président de la Commission Planification Écologique 2050 de l’Alliance HQE-GBC, cette première table ronde a réuni Joseph Hajjar (Secrétariat Général à la Planification Écologique), Alain Cauchy (CDC Habitat), Manon Pellas (VELUX) et Pascal Housset (FFB) afin de partager leur vision de la trajectoire carbone de la SNBC3 (en cours de consultation publique) et confronter leurs retours d’expérience sur la mise en œuvre de la décarbonation à horizon 2050.

Les échanges ont mis en lumière un constat partagé : si la filière bâtiment a déjà engagé sa transformation, l’atteinte des objectifs climatiques nécessite désormais une accélération collective, fondée sur des trajectoires cohérentes, des cadres stables et une mobilisation de l’ensemble des acteurs.

Une trajectoire nationale qui entre dans une nouvelle phase

Le SGPE a rappelé les avancées enregistrées ces dernières années grâce à la baisse des consommations d’énergies fossiles ainsi qu’aux efforts de sobriété énergétique. Toutefois, après plusieurs années de recul des émissions, le secteur du bâtiment connaît aujourd’hui une phase de quasi-stagnation.

Pour atteindre les objectifs de la future SNBC 3, les principaux leviers identifiés par le SGPE reposent sur l’accélération de la rénovation énergétique, le développement des pompes à chaleur, la sortie des énergies fossiles et l’extension des réseaux de chaleur. Au-delà de ces leviers, la décarbonation devra également intégrer les enjeux liés aux matériaux biosourcés, au scope 3, à l’adaptation au changement climatique, à la sobriété foncière, à la flexibilité énergétique ou encore à la gestion des données.

Décarboner : un enjeu de transformation des modèles économiques

Les témoignages des acteurs de la filière ont ensuite montré que la décarbonation ne se résume pas à une question technique ou environnementale. Elle implique aussi une transformation profonde des modèles d’activité, de gouvernance et de prise de décision.

Pour CDC Habitat, l’enjeu consiste à faire converger raison d’être et raison sociale de l’entreprise à travers un plan de transition climatique structuré, piloté et aligné avec les objectifs nationaux. Cette démarche nécessite de passer d’initiatives ponctuelles à une stratégie globale intégrée aux décisions d’investissement et de gestion.

Du côté de VELUX, la transformation s’appuie sur l’innovation produit, l’optimisation des procédés industriels et l’intégration des principes de circularité. L’entreprise a notamment illustré sa démarche par la réduction significative de l’empreinte carbone de certains de ses produits et par la valorisation des ressources, via des pratiques de circularité, au sein de ses sites industriels.

La FFB a, quant à elle, insisté sur la nécessité d’articuler ambition climatique et réalisme économique. Les entreprises du bâtiment disposent aujourd’hui de nombreuses solutions techniques, notamment en rénovation, mais elles ont besoin de visibilité, de stabilité réglementaire et d’un cadre économique adapté pour investir durablement.

La donnée, la gouvernance et le pilotage au cœur de la réussite

Un point de convergence fort est apparu autour du rôle central de la donnée et du pilotage des trajectoires.

Mesurer pour agir, suivre pour progresser : les intervenants ont souligné que la qualité des données carbone constitue désormais une condition essentielle de la décarbonation. La question du scope 3, qui implique l’ensemble de la chaîne de valeur, illustre particulièrement cette nécessité pour des évaluations au niveau des ouvrages.

Les échanges ont également mis en avant l’importance de la gouvernance. Définir une trajectoire ne suffit pas ; encore faut-il organiser son déploiement, mobiliser les instances de décision, assurer un suivi régulier et être capable de réviser les engagements en fonction des évolutions réglementaires, technologiques ou économiques.

Construire les conditions du passage à l’échelle

Si les solutions existent, leur déploiement massif reste un défi majeur. Les participants ont identifié plusieurs conditions de réussite : la stabilité des politiques publiques, la compatibilité des réglementations, l’innovation industrielle, le développement des compétences et la mise en place de nouveaux mécanismes de financement.

La rénovation énergétique a été au cœur des débats, avec un consensus sur la nécessité de repenser l’ingénierie financière afin de compléter les dispositifs d’aides publiques et de favoriser le passage à l’échelle des projets.

Les intervenants ont également souligné l’importance de mieux intégrer les enjeux d’exploitation, de maintenance et de commissionnement afin de garantir la performance réelle des bâtiments sur toute leur durée de vie.

2050 : vers une trajectoire collective de filière

Au-delà des spécificités de chaque organisation, la table ronde a mis en évidence une conviction commune : la décarbonation du bâtiment ne pourra être atteinte que par une dynamique collective et convergente.

Alignement des trajectoires publiques et privées, coopération entre les maillons de la chaîne de valeur, partage des données, visibilité à long terme et stabilité du cadre d’action apparaissent comme les conditions indispensables pour construire une trajectoire crédible et exécutable. Cette ambition collective est au cœur des objectifs portés par l’Alliance HQE-GBC et sa commission Planification Écologique 2050. Grâce à sa capacité à fédérer l’ensemble des parties prenantes de la filière, l’Alliance HQE-GBC constitue un cadre privilégié pour animer un espace de dialogue, conduire ces travaux, favoriser le partage de bonnes pratiques et construire des référentiels communs. Dans ce cadre, elle peut accompagner les acteurs dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de leurs feuilles de route de décarbonation, contribuant ainsi à accélérer la transition environnementale du secteur, à commencer par sa décarbonation.

🌍 La seconde table ronde, animée par Armelle Langlois, dans le cadre du groupe de travail Assur’Adapt récemment lancé, a porté sur les leviers permettant de mieux prévenir, objectiver et accompagner les risques climatiques en matière d’assurabilité.
Les échanges avec Sébastien Lenne (Verlingue) et Antoine Desbarrières (Groupe Qualitel) ont mis en évidence un constat partagé : les maîtres d’ouvrage déploient de nombreuses mesures d’adaptation, mais celles-ci restent encore insuffisamment lisibles ou valorisées dans les processus assurantiels. Le groupe de travail a ainsi pour ambition de construire un cadre commun entre assurance, expertise technique et certification HQE afin de relier les aléas climatiques, les mesures d’adaptation, leur niveau de preuve et leur prise en compte par les assureurs, aujourd’hui comme sous climat futur.

Table ronde AG 2

Comme l’a rappelé Marjolaine Meynier-Millefert :
« Nous poursuivons tous le même objectif : disposer d’un langage commun, de cadres stables et d’outils partagés pour accélérer la transition. C’est précisément la mission de l’Alliance HQE-GBC : faire le lien entre la réflexion et l’action, entre demain et aujourd’hui, en transformant les grands enjeux de la planification écologique, de l’adaptation et de la résilience en méthodes, outils et retours d’expérience concrets. »

🙏 Merci à nos adhérents, mécènes et partenaires pour leur engagement et leur confiance.

Offre de stage / alternance – Chargé(e) de mission Transition environnementale du cadre bâti

Contexte

L’Alliance HQE-GBC est une association reconnue d’utilité publique créée en 1996, qui rassemble les professionnels du cadre de vie durable. Elle réunit syndicats, fédérations professionnelles, entreprises, promoteurs, foncières, maitres d’ouvrage, industriels, maitres d’œuvre, bureaux d’études, architectes, aménageurs, collectivités, organismes de recherche et experts. Bâtiment, aménagement et infrastructures, à toutes les étapes de leur cycle de vie – construction, exploitation, rénovation – sont au cœur de son action, dans une vision transversale alliant Qualité de vie, Respect de l’environnement, Performance économique et Management responsable.

Ses missions consistent à :

  • Anticiper les enjeux de demain grâce à l’innovation collective
  • Co-construire des cadres de référence, cadres de définition et outils opérationnels
  • Capitaliser et partager les retours d’expérience
  • Promouvoir la Haute Qualité Environnementale

Dans ce cadre, l’Alliance HQE-GBC développe plusieurs projets structurants sur les thèmes notamment de l’adaptation au changement climatique, de la gestion de l’eau, de l’aménagement durable et de la résilience du cadre bâti.

Objectifs et missions principales

Sous le management du Chargé de mission Aménagement et Adaptation au changement climatique de l’Alliance HQE-GBC, le/la stagiaire ou alternant(e) participera au développement, au suivi et à la valorisation de plusieurs projets stratégiques :

1. Outil d’aide à la décision pour la planification et l’aménagement : L’Alliance HQE-GBC développe un outil destiné aux collectivités territoriales afin d’aider les élus et les techniciens à intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans les documents de planification et dans les projets d’aménagement.

Missions :

  • Benchmark d’outils et de méthodes existants
  • Analyse de documents d’urbanisme (PLU, PLUi, SCoT)
  • Préparation et conduite d’entretiens avec des collectivités, aménageurs, urbanistes et experts
  • Synthèse des besoins et participation à la conception de la grille de questionnement et de l’outil.

2. Un chantier pour demain : Ce projet, mené dans le cadre de l’Appel à Communs de l’ADEME, vise à produire des ressources opérationnelles pour accompagner les acteurs du bâtiment et de l’aménagement dans la prise en compte des risques climatiques et de l’adaptation au changement climatique lors des travaux de rénovation des bâtiments et des opérations de requalification urbaine.

Missions :

  • Benchmark des ressources existantes (guides, outils, études)
  • Participation à la structuration des contenus de l’outil : blocs thématiques, fiches actions, recommandations et bonnes pratiques sur les sujets suivants : risques climatiques, eau, chaleur, sols, biodiversité, usages…
  • Appuyer l’organisation et l’animation des groupes de travail et réunions.

3. Retours d’expérience : À la suite de la publication du Cadre de définition de la Résilience et de l’Adaptation au changement climatique (2021) et du Cadre de définition de la Gestion Intégrée des Eaux Pluviales (2025), l’Alliance HQE-GBC a lancé des appels à retours d’expérience afin d’identifier, de capitaliser et de valoriser des opérations exemplaires.

Missions :

  • Recherche et analyse de retours d’expérience de projets de bâtiment et d’aménagement
  • Prospection et prise de contact avec les porteurs de projets
  • Collecte et analyse des informations techniques
  • Mise en forme de supports de valorisation (fiches, événements, publications).

Plus généralement, le/la stagiaire ou alternant(e) pourra être amené(e) à préparer des réunions de commissions, de groupes de travail et d’ateliers, rédiger des comptes rendus et notes de synthèse et élaborer des présentations PowerPoint.

Profil recherché

  • Formation Bac+4 / Bac+5 en architecture, urbanisme, génie urbain, environnement, développement durable ou formation équivalente.
  • Intérêt marqué pour les sujets liés au bâtiment, à l’aménagement durable et à l’adaptation au changement climatique.
  • Capacité d’analyse, de synthèse et de rédaction.
  • Maîtrise des outils bureautiques (Word, Excel, PowerPoint)
  • Bon niveau d’anglais apprécié.
  • Aisance relationnelle et capacité à travailler avec des interlocuteurs variés.

Conditions

  • Stage de 6 mois ou alternance de 12 à 24 mois
  • Localisation : Paris 16e
  • Prise de poste : dès que possible
  • Rémunération : selon réglementation en vigueur

Ce que cette mission apporte

Cette mission offre une immersion concrète au cœur des enjeux de transition écologique, d’adaptation au changement climatique et de transformation du cadre bâti. Elle permettra au/à la stagiaire ou alternant(e) de :

  • Contribuer à des projets innovants d’intérêt général à portée nationale, à l’interface entre bâtiment, aménagement, environnement et adaptation climatique.
  • Travailler avec un réseau diversifié d’acteurs : collectivités, aménageurs, bureaux d’études, experts techniques, institutions, fédérations professionnelles et acteurs de la recherche.
  • Contribuer concrètement à la transformation des pratiques du bâtiment et de l’aménagement.
  • Développer des compétences en recherche, analyse, gestion de projet et communication.

Candidature

Merci d’adresser CV + lettre de motivation (seules les candidatures complètes seront étudiées) à :
Serge Nader – snader@hqegbc.org
avec copie à : Rachel Chermain – rchermain@hqegbc.org

Entre CSRD, SFDR et Taxonomie, les acteurs de la finance et de l’immobilier font face à une nouvelle donne

L’Alliance HQE-GBC, Cerqual Qualitel Certification et Certivea ont organisé le 12 février dernier un événement consacré au rôle de la finance durable comme levier de création de valeur et de performance pour l’immobilier. Cet événement a permis de :

  • faire le point sur l’actualité de la réglementation, ajustée mais toujours ambitieuse pour accompagner la transition du secteur immobilier ;
  • partager la nouvelle lecture du risque des financeurs et des assureurs ;
  • rappeler la nécessité d’un cadre structurant exigeant et opérationnel, d’un langage commun et de données fiables ;
  • de rappeler le rôle des certifications HQE comme mode de preuve de l’alignement des actifs avec les critères de la taxonomie ;
  • s’inspirer d’exemples concrets et de trouver des solutions pour créer de la valeur et encourager l’immobilier responsable ;
  • d’échanger avec des financeurs, des investisseurs, des promoteurs et des acteurs institutionnels.


Rachel Chermain, Directrice de l’Alliance HQE-GBC, a ouvert les échanges en posant le cadre et l’ambition de la rencontre.

Dans un contexte où le cadre réglementaire évolue et où les incertitudes géopolitiques se multiplient, il est essentiel de confronter les visions et d’identifier des solutions concrètes.

Elle a posé l’objectif de l’événement : démontrer que la finance durable, loin d’être un simple exercice réglementaire, constitue un levier structurant pour renforcer la robustesse, la lisibilité et la compétitivité du secteur immobilier.

Marjolaine Meynier-Millefert, Présidente de l’Alliance HQE-GBC, a affirmé que, alors que la finance durable traverse aujourd’hui une période de questionnement stratégique et que les ajustements réglementaires en cours pourraient laisser penser que l’ambition s’essouffle, la conviction de l’Alliance HQE-GBC est exactement inverse.

Les fondamentaux, eux, n’ont pas changé : les risques climatiques, les tensions sur les ressources, les enjeux énergétiques et les attentes sociétales façonnent durablement la valeur des actifs. La durabilité n’est donc ni un luxe ni un discours moral ; elle est un facteur de souveraineté économique, de stabilité financière et de création de valeur à long terme.

Dans ce contexte, la confiance devient centrale — confiance dans les méthodes, dans les données, dans la capacité à démontrer la performance réelle. C’est précisément là que la certification et la tierce partie indépendante jouent un rôle stratégique pour sécuriser les décisions d’investissement et orienter le capital vers les actifs les plus résilients.

Andrei Gurin – DG FISMA, Commission européenne

Andrei Gurin a rappelé le rôle central du bâtiment dans la transition climatique :

« Le secteur du bâtiment… consomme plus que 40 % de l’énergie finale… et génère presque 1/3 des émissions de gaz à effet de serre. »

Dans ce contexte, la finance durable constitue un levier indispensable pour financer les rénovations et orienter les investissements. La taxonomie doit aider la transition du secteur immobilier.

Concernant la révision Omnibus, le message est clair : il s’agit d’un ajustement pour réduire le champ d’application obligatoire et simplifier les règles afin de mieux les proportionner, et non d’un recul.

Trois priorités structurent la révision des critères de la taxonomie :
• cohérence avec la directive EPBD,
• facilitation de la rénovation,
• simplification des critères DNSH.

Andrei Gurin a également informé que la Commission européenne lancera prochainement une consultation sur la révision des critères de la Taxonomie pour l’immobilier.

Enfin, il a souligné le rôle stratégique des tiers de confiance : « Plus on a de standardisation dans la mise en œuvre du système et les certificateurs tiers sont de véritables partenaires des régulateurs. »

Richard Teichmann – World Green Building Council

Richard Teichmann, vice-président du réseau européen du World Green Building Council a rappelé que l’Europe est aujourd’hui la région la plus avancée en matière de demande de bâtiments durables, soulignant l’importance de disposer d’un cadre commun.

Mais le défi reste immense : « The renovation rate is too little and too slow. »

La rénovation constitue ainsi « l’éléphant dans la pièce » : un rythme encore trop lent, des opérations trop complexes, qui appellent des solutions financières innovantes et proportionnées.

Face à un enjeu global, il a rappelé : « Real estate is always local… but climate change is a global problem and we have to solve it together. »

Il a également insisté sur la nécessité d’aligner la finance avec la réalité technique : « Follow the money and see that the investors understand what we are talking about. »

Selon lui, les réglementations doivent être recalibrées mais non dérégulées. La Commission européenne peut compter sur le réseau européen du WGBC pour jouer un rôle de pont entre Bruxelles et le marché, notamment via ses task forces sur la finance durable.

Enfin, il a indiqué que le World Green Building Council travaille actuellement à la mise en place d’une base de données mondiale des critères de la taxonomie, afin de renforcer la lisibilité et la comparabilité.

Mirindra Rabemanantsoa – Observatoire Finance Durable

Les besoins de financement pour la rénovation résidentielle sont estimés à 150 milliards d’euros par an en Europe. Pourtant, un constat demeure frappant : sur 82 milliards d’euros de prêts à la rénovation analysés, seuls 0,15 % ont pu démontrer un alignement à la taxonomie.

Dans ce contexte, le Green Asset Ratio reste un indicateur structurant, tandis que le TLTRO vert de la BCE pourrait devenir un levier majeur.

Pour les banques, la rénovation représente une véritable opportunité stratégique : « La rénovation énergétique… c’est un impact positif multiple pour les banques. »

Cependant, une simplification excessive du cadre pourrait fragiliser la qualité de l’analyse : « Une trop grande simplification… va réduire la granularité des données. »

Anne-Marie Joly-Bris – BM&A groupe

Les assureurs sont particulièrement attendus, tant sur la gestion de la sinistralité climatique que sur l’alignement de leurs investissements immobiliers, qui représentent 100 Md€ en Europe et 35 Md€ en France.

Ils font face à une montée en puissance des risques physiques — sécheresse, retrait-gonflement des argiles, incendies — qui place la question de l’assurabilité au cœur des préoccupations.

« 12,1 millions de résidences… sont soumises au risque de retrait-gonflement des argiles. »

Dans ce contexte, la fiabilisation des données devient essentielle, et les certifications ont un rôle majeur à jouer.

Matteo Morresi – Onata / Crédit Mutuel Arkéa

Les investisseurs s’interrogent désormais sur la pérennité réelle des actifs.

« Le risque de non-assurabilité… est un risque que les gestionnaires d’actifs commencent à vouloir quantifier. »

L’adaptation climatique doit ainsi être pleinement intégrée dans les stratégies ESG.

Toutefois, le principal frein demeure la donnée : « Avoir de la bonne donnée est structurant pour passer à l’action. »

Nicolas Séchet – Ecosystémique

Nicolas Séchet rappelle que la taxonomie constitue une véritable « lame de fond » du Green Deal européen et qu’elle s’impose progressivement comme un langage commun, des banques centrales jusqu’aux acteurs économiques : « La taxonomie… c’est une comptabilité de tout ce que vous n’avez pas dans un bilan financier. »

Elle réduit l’asymétrie d’information et structure le dialogue entre financeurs et porteurs de projets. Elle permet de comparer les entreprises, d’objectiver la performance et de réduire le risque de greenwashing.

Si les critères sont exigeants, l’enjeu reste avant tout opérationnel : « Il faut rendre les choses simples pour les acteurs de terrain. »

Mais ce langage commun n’a de valeur que s’il repose sur des données homogènes et comparables. Face à la « tour de Babel » des référentiels ESG, la standardisation des méthodes devient indispensable. Dans cette logique, la certification par projet joue un rôle clé : elle permet de qualifier l’alignement taxonomique d’une opération, y compris en amont dès la conception, et d’apporter une preuve structurée et opposable de cet alignement.

Sarah Guereau – CNCC

Le rôle du commissaire aux comptes évolue vers un accompagnement stratégique : « Le commissaire aux comptes… c’est le copilote de la transition. »

La clé réside dans l’anticipation : « La bonne pratique, c’est de collecter la donnée le plus en amont possible, intégrée aux systèmes financiers. »

Du point de vue des commissaires aux comptes, l’enjeu central demeure la fiabilité des données et des modes de preuve.

Les processus de certification intègrent désormais des outils numériques permettant d’identifier l’exigence technique, de préciser le mode de preuve attendu et d’enregistrer ce mode de preuve. Surtout, la conservation systématique des modes de preuve est essentielle : elle permet aux auditeurs de vérifier par échantillonnage la robustesse du processus, « y compris jusqu’à la preuve ».

La certification devient ainsi un véritable dispositif de traçabilité, facilitant le travail des auditeurs et sécurisant les reportings taxonomie.

Eugénie Barthélémy – Sevaia

Eugénie Barthélémy souligne que la taxonomie est désormais intégrée dans les grilles d’analyse extra-financière des actifs immobiliers.

Toutefois, l’un des principaux obstacles demeure la collecte et la transparence des données. Pour les banques comme pour les sociétés de gestion, l’accès aux données énergétiques ou aux justificatifs techniques nécessite un travail important en amont.

Dans ce contexte, les certifications apportent un cadre structurant : elles organisent la collecte des données dès la conception, formalisent les exigences techniques et les preuves associées, et produisent une attestation taxonomie intégrée au certificat, facilitant ainsi la preuve de l’alignement.

Elles permettent de transformer une exigence réglementaire complexe en un processus opérationnel, documenté et auditable.

Pierre-Henri Julien – Directeur Général de Cerqual Qualitel Certification

Le profil taxonomie intégré à NF Habitat HQE permet de traduire le texte européen en exigences techniques concrètes via un processus robuste

En 2024, 125 opérations se sont engagées dans cette démarche.

« Le profil taxinomie… permet de justifier l’alignement de l’opération. »

Place aux cas concrets :

Hélène Poli – Bouygues Immobilier

La taxonomie est devenue un critère commercial structurant pour Bouygues Immobilier :

« Plus de la moitié de notre activité est réalisée avec des clients institutionnels… très demandeurs sur la taxonomie. »

Pour répondre à ces attentes, Bouygues Immobilier s’appuie sur la certification NF Habitat HQE, qui facilite le déploiement opérationnel en unifiant les démarches.

Élodie Lebreton – GA Smart Building

GA Smart Building a aligné 84 % de son chiffre d’affaires dès la première année.

Au-delà de la seule conformité réglementaire, « la taxonomie a été génératrice de process de qualité et de performance environnementale » chez GA Smart Building. Elle est désormais utilisée comme un outil stratégique pour valoriser l’entreprise auprès des investisseurs.

Antoine Desbarrières, Président de Cerqual Qualitel Certification, a rappelé que, malgré le  contexte d’incertitude réglementaire et géopolitique, une certitude demeure : l’enjeu environnemental est majeur, en particulier dans l’immobilier et plus encore dans le parc existant. L’Europe, selon lui, continue de montrer la voie et cette dynamique doit être préservée.

Il a souligné que les règles et les méthodes de la finance durable sont nécessaires, mais qu’elles doivent s’accompagner de pédagogie et de temps d’appropriation pour les acteurs. L’élan ne doit pas être freiné : il convient au contraire de soutenir les acteurs exemplaires et d’encourager le mouvement collectif.

Enfin, il a insisté sur le rôle structurant de la certification, outil d’accompagnement, d’amélioration continue et de fiabilisation des données, que l’Alliance HQE-GBC et les certificateurs HQE continueront à faire évoluer pour soutenir la transition.

François Jallot, Président de Certivea, quant à lui partage une vision ambitieuse, encore utopique, d’un secteur immobilier devenu pleinement régénératif — un secteur capable de rendre à la nature ce qu’il lui a pris. Si cet horizon semble encore lointain, les échanges de la journée confirment que la dynamique est engagée.

Il souligne le rôle majeur des organismes tiers de confiance pour accompagner les acteurs dans cette transition environnementale, qui ne doit plus être perçue comme une option mais comme une obligation. La taxonomie représente à ses yeux une véritable opportunité, un véritable levier de performance et de transformation, capable d’inciter et de valoriser ceux qui repensent leur modèle et inscrivent leurs projets dans une vision durable à long terme.

C’est précisément le rôle des certificateurs HQE d’accompagner les acteurs volontaires à travers les certifications HQE, afin de les aider à se fixer des objectifs ambitieux et à attester des performances réelles des projets. Certivea et Cerqual Qualitel Certification s’engagent ainsi aux côtés des professionnels en délivrant des attestations taxonomie, permettant de démontrer la conformité des opérations aux exigences techniques de la taxonomie européenne.

Cet événement a été organisé dans le cadre du projet européen #BuildingLife.