L'alliance des professionnels pour un cadre de vie durable

L'alliance des professionnels pour un cadre de vie durable.

HQE en action

Adaptation et résilience

Contexte et enjeux

Les processus de dérèglements climatiques sont engagés, avec des phénomènes extrêmes. Si des actions d’atténuation par la prévention sont réalisées, il est nécessaire de mener en parallèle des actions d’adaptation.

Considérant que désormais aucun territoire n’est à l’abri des risques climatiques, il ne s’agit plus uniquement de lutter contre, mais d’apprendre à vivre avec, en les anticipant, afin d’en réduire les conséquences et la gravité des impacts sur le cadre bâti, la performance économique et la qualité de vie.

L’adaptation appliquée au cadre bâti invite à décider autrement et à développer des facultés :

  • en matière d’anticipation, au regard de l’inertie des bâtiments, des aménagements et des infrastructures et des impacts des choix faits, qu’il s’agisse de prévention ou de préparation de la gestion de crise
  • en matière de prise de risque et d’acceptabilité de ce dernier, compte-tenu du degré d’incertitude (scénarios et modélisations climatiques, cumul et rétroactions des risques, …) avec lequel nous sommes tous contraints de composer.

La notion d’adaptation doit inciter à agir à tous les niveaux, à toutes les échelles du cadre bâti, du bâtiment aux infrastructures en passant par la parcelle ou l’opération d’aménagement ; dans le neuf comme pour l’existant selon des stratégies différenciées mais complémentaires ; enfin d’un point de vue technique autant qu’humain et financier (solutions constructives, usages, assurances, valeur immobilière)

Définition de la résilience urbaine

L’EIVP* définit la notion de résilience urbaine, sur le court terme, comme la capacité des systèmes urbains à absorber et à récupérer leurs fonctions le plus rapidement possible après un choc. Sur le long terme, elle désigne la capacité des systèmes urbains à s’adapter ou se transformer dans un monde considéré comme fini (en termes d’espace et de ressources), de plus en plus complexe et incertain.

Les risques peuvent prendre la forme de chocs (tempêtes, inondations, séismes, attaques terroristes, accidents, coupures d’électricité, mouvements sociaux, etc.) ou de perturbations lentes ou chroniques (érosion du littoral, sécheresses, canicules, glissements de terrain lents, multiplications d’actes de malveillance, etc.). Ils sont d’autant plus importants que le développement urbain est une source d’accroissement de notre vulnérabilité mais aussi, on le sait, que les aléas s’intensifient sous l’effet du changement climatique. La sinistralité Cat-Nat et climatique est chiffrée en France à 430.000 sinistres / an pour un montant de 2 Md€ / an en moyenne sur les 25 dernières années et devrait être multipliée par 2 d’ici 2040**.

Passer cette indispensable prise de conscience que nous ne pouvons pas être passifs et qu’il serait irresponsable d’attendre pour améliorer notre résilience, il faut aussi admettre que pour progresser, une démarche systémique est nécessaire. En effet, c’est l’effet domino qu’il faut anticiper, l’effet des défaillances en cascade tout comme les capacités organisationnelles à gérer l’imprévisible le jour J et le jour d’après.

La résilience urbaine est encore souvent un sujet nouveau pour les collectivités, les entreprises et les administrations. Mais de plus en plus d’acteurs s’en saisissent notamment sous la pression des pouvoirs publics et locaux, des actionnaires, des investisseurs et des assureurs. Elle se doit d’être un cadre global de gestion des risques, transformant les contraintes en opportunité de développement des territoires et des acteurs.

Des initiatives et bonnes pratiques existent et peuvent se développer à différentes échelles : ville, infrastructure, réseaux, quartier et bâtiment et dans différents contextes : diagnostic de vulnérabilité ou cotation des risques, formalisation des scénarios de défaillances en cascade, fonctionnement en mode dégradé, construction adaptée aux aléas, végétalisation, coopération entre les acteurs du territoire, fonctionnement de la ville s’inspirant des écosystèmes…

La reconstruction post-catastrophe constitue un autre angle de la résilience, celle de notre capacité à rebondir plus haut après les épreuves car même si nous sommes plus résilients, nous n’éviterons pas les chocs. Il faut donc aussi être en capacité de répondre au besoin de relèvement rapide réclamé par les sinistrés. Il est essentiel de comprendre et d’anticiper les stratégies de gestion de la reconstruction post-catastrophe, afin de favoriser un retour à la normale rapide et un réaménagement durable et résilient des territoires impactés.

*EIVP : Ecole d’Ingénieurs de la Ville de Paris
** Source Observatoire permanent des catastrophes naturelles et des risques naturels

Cadre de définition de la résilience et de l’adaptation pour le cadre bâti

Le cadre de définition de la résilience et l’adaptation au changement climatique pour le cadre bâti proposé par l’Alliance HQE-GBC s’applique à différentes échelles du bâtiment, à l’aménagement et aux infrastructures, et pour toutes typologies d’opérations, neuves, de réhabilitation et même pour l’existant et l’exploitation. Il propose une vision structurante afin d’accompagner les acteurs et leur faciliter la mise en œuvre opérationnelle dans les secteurs de la construction et de l’aménagement. Par ces repères partagés, vocabulaires communs compréhensibles par tous, ce cadre doit faciliter la transversalité et inciter les différents intervenants (collectivités, aménageurs, promoteurs…) à travailler ensemble.

Les leviers d’action

Ce cadre de référence fait le lien avec celui du bâtiment durable. Il n’est pas calé sur le déroulé-type d’une opération et tous les domaines et leviers sont transversaux aux différentes échelles et phases de projet. Les leviers d’actions sont identifiés pour les cinq domaines qui constituent le cadre de référence

  • Usages et comportements,
  • Conditions de santé et de confort
  • Site et terrain
  • Formes urbaines, structures et travaux
  • Planification, réseaux, services et infrastructures.

Les leviers associés à chaque domaine peuvent être organisationnels, techniques ou comportementaux et recouvrir de fait un large panel d’actions possibles en fonction du contexte.