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Test HQE Performance Economie Circulaire 2019

Anticiper le changement pour contribuer à son écriture. Tel est l’objectif du programme d’innovation collaborative « HQE Performance » que l’Alliance HQE-GBC conduit depuis plusieurs années. Il vise à développer pour les différentes thématiques du cadre de vie bâti un cadre d’évaluation performancielle qui soit scientifiquement robuste et source d’incitation au passage à l’opérationnel et au progrès pour les acteurs.

Le test HQE Performance Economie Circulaire 2019

Un an après le cadre de définition de l’économie circulaire dans lequel l’Alliance HQE-GBC a identifié 15 leviers d’actions pour intégrer les principes d’économie circulaire aux bâtiments, elle lance en 2019 un test HQE Performance Economie CirculaireBâtiments neufs, rénovés ou réhabilités, tous les bâtiments sont à l’honneur ! Comment évaluer l’impact des actions réalisées en termes d’économie circulaire à travers des indicateurs ? C’est tout l’objectif de ce test qui intègre :

  1. Un « Profil Economie Circulaire » permettant de lister les initiatives d’économie circulaire de l’opération
  2. Une Analyse de Cycle de Vie (ACV) appliquée aux bâtiments neufs et en rénovation
  3. Une Analyse des Flux de Matière du bâtiment (MFA) pour les projets sélectionnés à la suite de l’étude ACV. Cet outil a été construit avec les partenaires de l’Alliance HQE-GBC : EVEA, Cerqual, CSTB, Certivéa, INIES et le soutien financier de l’ADEME.
  4. Une étude sur les scénarios de fin de vie (en option) pour les chantiers en rénovation
  5. Un retour d’expérience du test

Les opérations pilotes

Le Test HQE Performance 2019 a réuni 23 projets dont 16 opérations en neufs et 7 en rénovation, soit un groupe de 80 acteurs de la construction aux profils variés : maîtres d’ouvrage publics et privés, maîtres d’œuvre, industriels, experts, certificateurs…

Focus sur le profil Economie circulaire !

Ce profil permet d’identifier les actions les plus fréquemment mises en œuvre pour la réduction de l’impact environnemental d’un bâtiment tout au long de son cycle de vie, d’illustrer les leviers du cadre de définition de l’économie circulaire et de voir des informations supplémentaires permettant de mieux comprendre l’Analyse des Flux Matières (MFA) et les indicateurs ACV.

Par exemple pour l’ambition allongement de la durée de vie du bâtiment, certains projets ont misé sur l’évolutivité, voire la réversibilité du bâtiment, en intégrant des principes structurels facilitant les adaptations futures, sans intervention sur les réseaux de fluides.

Focus sur l’Analyse du cycle de vie : Au-delà du carbone, une méthode multicritère !

Avec l’expérimentation E+C-, l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) n’a jamais été autant utilisée dans le secteur du bâtiment ! Actuellement, un seul indicateur est regardé : le carbone. Cependant, l’ACV est une méthode multicritère qui compte d’autres informations utiles sans effort supplémentaire : Indicateurs déchets, épuisement des ressources … Pourquoi ne pas les utiliser dans le cadre de l’économie circulaire ?

L’Analyse du Cycle de Vie (ACV) est une méthode d’évaluation environnementale permettant de quantifier les impacts d’un produit, d’un service, d’un procédé ou d’un ouvrage sur l’ensemble de son cycle de vie. À l’échelle d’un bâtiment, l’ACV se compose de la somme des  ACV des différents produits et matériaux de construction le constituant, réalisée à partir des informations contenues dans les FDES et PEP, à laquelle viennent s’ajouter les impacts des consommations d’eau et d’énergie pendant l’exploitation ainsi que les impacts liés au chantier.

Au regard de l’expérimentation E+C-, l’ensemble des projets passe le seuil C1 en carbone mis à part une opération en rénovation. Les opérations de rénovation dépassent largement le seuil C2 des PCE. Cela est dû à l’amortissement des structures.

Pour l’ensemble des projets de ce test, les lots techniques sont les plus impactants (CVC, Réseaux de communication, Réseaux d’énergie, Appareils élévateurs, Sanitaires, VRD) sur l’indicateur épuisement des ressources abiotiques non fossiles.

Pour l’indicateur déchets non dangereux le contributeur chantier est présent lorsqu’il y a une production de terres excavées. Pour les bâtiments rénovés, la quantité de déchets est divisée par 3 par rapport à celle d’un bâtiment neuf. Cela est dû aux éléments conservés ou déposés pour réemploi/recyclage qui sont amortis.

Enfin concernant l’indicateur déchets dangereux, le contributeur eau apparaît comme non négligeable pour tous les projets résidentiels (logements collectifs et maisons individuelles). Les opérations de logements collectifs en rénovation sont trois fois moins impactantes qu’en neuf.

Focus sur les scénarios de fin de vie sur un chantier !

3 opérations sur les 7 en rénovation ont participé à cette étape : 2 opérations de bâtiments tertiaires (Charlemagne à Metz (57) et Hall 32 à Clermont-Ferrand (63)) et une opération de logement collectif (Croix Berthaud à Saint-Chamond (42)).

Les scénarios de fin de vie de ces opérations ont permis :

  • De comparer les scénarios de fin de vie définis selon les modèles FDES et PEP avec les données réelles des produits déposés en rénovation ou en déconstruction ;
  • D’évaluer les écarts entre les hypothèses et le réel en termes de quantitatif (masses/volumes), de taux de valorisation et, pour un projet spécifique, en termes de distance chantier/exutoire ;
  • De valoriser les efforts de chantier en matière d’organisation, d’adressage en filières de recyclage ou valorisation, ou de réemploi.

Le travail mené à partir des FDES a permis d’obtenir des données s’inscrivant dans des fourchettes comparables à celles des chantiers, avec toutefois des écarts plus ou moins significatifs. Il faut en effet noter que, la plupart du temps, les FDES et PEP prennent en compte un taux de valorisation faible, car représentatif des pratiques de terrain en France.

Focus sur l’Analyse des Flux de Matière : Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !

Au regard de la loi LTECV (Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte) qui fixe comme objectif de recycler 70 % des déchets du BTP en 2020, l’outil MFA permettra de connaître, dès la conception du projet, les flux des produits de construction et équipements et ainsi les efforts qu’il faudra fournir pour atteindre ces seuils en fin de vie. Également, cet outil répond aux lois ELAN (Evolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique), par exemple à l’article 30 concernant l’évolutivité des bureaux en logements et AGEC (Anti-Gaspillage et pour l’Economie Circulaire), par exemple à l’article 51 concernant le diagnostic des produits, matériaux et déchets issus des travaux de construction ou réhabilitation. Ces lois visent à améliorer les méthodes de construction, limiter la production de déchets et préserver les ressources naturelles.

L’Analyse des Flux de Matières (MFA) est une méthode quantitative qui permet de déterminer le flux de matière et d’énergie. Elle a été élaborée par le bureau d’études EVEA, en partenariat avec Cerqual, INIES et l’Alliance HQE-GBC. Le MFA s’appuie sur des indicateurs existants dans les FDES et PEP, facilement accessibles aux opérateurs. Les principaux indicateurs de circularité concernent la quantification – en masse et en pourcentage – des matières secondaires utilisées en entrée dans le bâtiment, et la quantification des produits/matériaux réutilisés, réemployés ou valorisés en recyclage en fin de vie de l’ouvrage. Le MFA propose également un garde-fou avec un indicateur d’intensité de transport pour définir s’il est pertinent de recycler la matière.

MFA

Les résultats des différentes Analyses de Flux de Matières font ressortir le plus souvent un fort déséquilibre entrée/sortie :

  • Peu de matières premières secondaires sont présentes en entrée pour les bâtiments neufs, entre 0 et 35% ;
  • Il y a un potentiel de valorisation en fin de vie, par exemple avec le recyclage;
  • Actuellement l’équilibre entre entrée et sortie n’est pas atteint par les opérations neuves. En comptant les éléments conservés lors d’une rénovation – par du réemploi ou de la réutilisation – l’équilibre peut être atteint ;
  • La masse du bâtiment est principalement dû aux éléments de gros œuvre (Infrastructures et Superstructure), c’est pourquoi ils ressortent davantage dans l’analyse des flux. Pourtant, ils ne sont pas forcément plus recyclés en entrée et recyclables sortie.

Nous pouvons voir que les quantités de matières secondaires utilisées en entrée diffèrent fortement entre les bâtiment neufs et les bâtiments rénovés. Par exemple pour le gros œuvre pour les bâtiments neufs il y a entre 0 et 10% de matières secondaires alors que pour les bâtiments rénovés ce pourcentage se situe entre 50 et 90%. Cependant, les quantités de matières valorisées en sortie sont équivalentes entre les bâtiments neufs et rénovés, ces quantités peuvent atteindre jusqu’à 80% pour le gros œuvre.

Les principales conclusions du test

Le Test HQE Performance Économie Circulaire montre, d’une part, qu’il est possible de disposer de véritables indicateurs de circularité des produits de construction et équipements, tant en construction neuve qu’en rénovation, sans effort supplémentaire par rapport à l’expérimentation E+C-. D’autre part, le test a validé la complémentarité de deux méthodes :

➢ La méthode multicritère de l’ACV, exprimant des indicateurs autres que celui du seul carbone, tels que l’épuisement des ressources, la nature et les impacts des déchets dangereux et non dangereux.

➢ La méthode MFA bâtiment, prenant en compte des indicateurs de quantités de matières secondaires valorisées en entrée et de matières secondaires valorisables en sortie (par le réemploi ou la réutilisation et le recyclage).

Enfin, le test a également permis de mettre en exergue quelques pistes pour que le bâtiment s’inscrive dans une logique d’économie circulaire :

  • Éviter les produits de construction et équipements superflus : comme pour l’énergie, la meilleure valorisation de matière est celle que nous ne produisons pas ; écoconcevoir, et mutualiser le plus possible en créant des synergies avec son milieu ;
  • Utiliser le moins possible de matières premières rares (indicateurs ACV épuisement des ressources abiotiques non fossiles) ;
  • Réemployer et réutiliser tout en garantissant une performance technique des produits de construction et équipements déjà présents sur les opérations ou à proximité (ACV en rénovation) ;
  • Avoir une production faible de déchets (indicateurs ACV déchets non dangereux, dangereux et radioactifs) ; – Valoriser un maximum les déchets produits (scénario de fin de vie) ;
  • Avoir un maximum de matières secondaires en entrée et en sortie tout en veillant à l’équilibre des flux entre les entrées et les sorties (indicateurs MFA) ;
  • Avoir une intensité de transport d’approvisionnement (entrée) et vers les exutoires (sortie) la plus faible possible (indicateurs MFA).

La fin du Test HQE Performance Economie Circulaire

En décembre 2020, les premières observations du test ont été publiées. Des fiches de retour d’expérience sur les 23 opérations pilotes sont également disponibles ci-dessous. Ces publications viennent donc clôturer le test HQE Performance 2019. Le développement d’un outil regroupant l’Analyse de Flux de Matières et des indicateurs ACV est en cours d’étude. Cet outil pourra par la suite être testé lors d’un deuxième test HQE Performance Economie Circulaire.

Webinar Bâtiments neufs et rénovés au regard de l’économie circulaire – Retrouvez ici :