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Résilience et Adaptation au changement climatique

Les processus de dérèglements climatiques étant déjà engagés il faut, au côté des actions d’atténuation, engager des actions d’adaptation. Ainsi les bâtiments, tant dans les pratiques de construction et de rénovation, que d’usage doivent anticiper les changements qui s’annoncent pour se préparer aux nouvelles conditions de vie qui vont s’imposer à tous. Considérant que désormais aucune ville n’est à l’abri des risques, il ne s’agit plus uniquement de lutter contre, mais d’apprendre à vivre avec, en les anticipant, afin de réduire les conséquences et la gravité de leurs impacts sur le cadre bâti, la performance économique et la qualité de vie.

Aucun système, quel qu’il soit, n’est à l’abri de perturbations. Il est impossible de tout prévoir, de se protéger à 100% des aléas, de connaître leurs concomitances avec d’autres évènements. C’est pourquoi on admet désormais qu’aucun territoire n’est à l’abri des risques. Il ne s’agit donc plus uniquement de lutter contre, mais d’apprendre à vivre avec, en développant nos capacités d’absorption, de rebond, d’adaptation et d’apprentissage pour réduire les conséquences et la gravité de leurs impacts sur les citoyens, l’activité économique et le cadre bâti.

L’EIVP définie la notion de résilience urbaine, sur le court terme, comme la capacité des systèmes urbains à absorber et à récupérer leurs fonctions le plus rapidement après un choc. Sur le long terme, elle désigne la capacité des systèmes urbains à s’adapter ou se transformer dans un monde considéré comme fini (en termes d’espace et de ressources), de plus en plus complexe et incertain.

Les risques peuvent prendre la forme de chocs (tempêtes, inondations, attaques terroristes, accidents, coupures d’électricité, mouvements sociaux, etc.) ou de perturbations lentes ou chroniques (érosion du littoral, sécheresses, canicules, glissements de terrain lents, multiplications d’actes de malveillance, etc.). Ils sont d’autant plus importants que le développement urbain est une source d’accroissement de notre vulnérabilité mais aussi, on le sait, que les aléas s’intensifient sous l’effet du changement climatique. La sinistralité Cat-Nat et climatique est chiffrée en France à 430.000 sinistres / an pour un montant de 2 Md€ / an en moyenne sur les 25 dernières années et devrait être multipliée par 2 d’ici 2040.

Passer cette indispensable prise de conscience que nous ne pouvons pas être passifs et qu’il serait irresponsable d’attendre pour améliorer notre résilience, il faut aussi admettre que pour progresser, une démarche systémique est nécessaire. En effet, c’est l’effet domino qu’il faut anticiper, l’effet des défaillances en cascade tout comme les capacités organisationnelles à gérer l’imprévisible le jour J et le jour d’après.

La résilience urbaine est encore souvent un sujet nouveau pour les collectivités, les entreprises et les administrations. Mais de plus en plus d’acteurs s’en saisissent notamment sous la pression des pouvoirs publics et locaux, des actionnaires, des investisseurs et des assureurs. Elle se doit être un cadre global de gestion des risques transformant les contraintes en opportunité de développement des territoires et des acteurs.

Des initiatives et bonnes pratiques existent et peuvent se développer à différentes échelles : ville, infrastructure, réseaux, quartier et bâtiment et dans différents contextes : diagnostic de vulnérabilité ou cotation des risques, formalisation des scénarios de défaillances en cascade, fonctionnement en mode dégradé, construction adaptée aux aléas, végétalisation, coopération entre les acteurs du territoire, fonctionnement de la ville s’inspirant des écosystèmes …

La reconstruction post-catastrophe constitue un autre angle de la résilience, celle de notre capacité à rebondir plus haut après les épreuves car même si nous sommes plus résilients, nous n’éviterons pas les chocs. Il faut donc aussi être en capacité de répondre au besoin de relèvement rapide réclamé par les sinistrés. Il est essentiel de comprendre et d’anticiper les stratégies de gestion de la reconstruction post-catastrophe, afin de favoriser un retour à la normale rapide et un réaménagement durable et résilient des territoires impactés.

Dossier Résilience Urbaine : c’est parti !